Réintroduction de l’Ours : le confort de l’homme justifie tout !

23 07 2007

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A l’initiative de l’association pour la sauvegarde du patrimoine d’Ariège-Pyrénées (Aspap), les anti-ours profitent depuis dimanche du passage du Tour de France dans l’Ariège, pour rappeler leur opposition au plan de réintroduction du plantigrade dans les Pyrénées.

Une association pour la sauvergarde du patrimoine des Pyrénées qui lutte contre le retour d’un ours symbole de la vie Pyrénéenne et d’une montagne libre et authentique. Leur vision intime de la sauvegarde du patrimoine est en réalité une montagne domptée et appartenant intégralement à l’homme. J’entends déjà les anti-ours me taxer de Parisien (Bordelais en l’occurrence) ayant une vision idillique et peu réaliste de la situation.D’aprés eux, je ne vis pas en montagne et me fout de la sécurité des habitants ainsi que de celle des troupeaux ! Demandons donc aux chiffres ce qu’ils en pensent (Mais çela aussi cela doit être un argument de Parisien:)).

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Sur soixante cas de rencontre homme-ours recensés dans les Pyrénées de 1996 à 2000, le comportement de l’animal a été noté. L’ours évite généralement l’homme (il est très rare de voir un ours). Il est donc à souligner que les pourcentages suivants ne comptabilisent pas les cas où l’ours a évité l’homme, sans que ce dernier ne le voit. Sur les 60 observations, il a été constaté que, dans 78 % des cas, l’ours s’enfuit ou s’éloigne de l’homme. Dans 19 % des cas, il manifeste un comportement indifférent sans être agressif. Dans 3 % des cas (deux cas), l’animal a chargé. Les deux charges correspondent à une femelle accompagnée d’oursons. En 1997, Melba charge un chasseur qui la tue, et en 1998 Ziva charge deux agents de l’équipe technique ours (charge d’intimidation pour les dissuader de s’approcher). Les cas de mort d’homme dus à l’ours brun sont très rares en Europe. En Scandinavie, le dernier cas connu remonte à 1905. Quelques cas rares ont été répertoriés en Europe centrale et en Russie dans les années 1980. En 2004, en Roumanie, un ours brun, qui était porteur de la rage, a tué une personne. En Amérique du Nord, des accidents ont pu être relevés mais les contextes écologiques et humains sont très différents, et plusieurs millions de touristes peuvent passer dans les parcs nationaux américains sans qu’il n’y ait d’accident grave. Dans les Pyrénées, des récits anciens et souvent mythiques relatent l’agressivité d’ours blessés par des chasseurs ou des bergers. Cependant, on n’y connaît aucun cas documenté de mort d’homme à cause de l’ours depuis la deuxième moitié du XlXe siècle. Rappelons également qu’en France, sangliers et cerfs engendrent des accidents mortels chez l’homme tous les ans. Si l’on prend en compte le nombre d’ours réintroduits ainsi que la trés bonne connaissance des zones où les ours sont potentiellement rencontrables ,le risque de mauvaise surprise frise donc le zéro absolu.

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Les dommages causés par les ours en France sont-ils aussi importants qu’une partie de la profession agricole aimerait le faire croire ? L’ours met-il le pastoralisme en danger? En 2004, sur l’ensemble du massif pyrénéen, on recensait 157 000 bovins, 621 300 ovins, 14 000 caprins et 12 000 équins (*). Au cours de cette même année, 129 animaux ont été indemnisés au titre de dommages imputés à l’ours et 60 au titre de dommages attribués au bénéfice du doute (ce n’était peut-être pas l’ours). Au total, sur un cheptel de 804 300 têtes, les pertes dues à l’ours sont au maximum de 189 bêtes, soit 0,02 % du cheptel. Prenons le cas le plus favorable au discours de ceux qui veulent faire croire que l’ours est un danger pour le pastoralisme : considérons que la majorité des pertes causées par l’ours concerne davantage le cheptel des brebis, soit un total de 621 300 têtes. En 2005, 119 animaux ont été indemnisées au titre de dommages imputés à l’ours et 287 attribués au bénéfice du doute. Au total, sur un cheptel ovin de 621 300 bêtes, les pertes dues à l’ours sont au grand maximum de 406, soit 0,06% au grand maximum.

Malgré tout, ces pertes sont logiquement compensés par l’état car même faible globalement, elles sont toutefois un manque à gagner pour un berger. Les préjudices liés à une attaque d’ours sont divers. En plus de la perte directe de bêtes, la perte indirecte suite à un affolement du troupeau, le dérangement du berger et du troupeau (avec ses effets potentiellement induits en terme productif : avortements, baisse de lactation…), les bêtes égarées suite à l’attaque… représentent autant d’inconvénients. Pour les compenser, il existe un dispositif d’accompagnement financé par le ministère de l’écologie et du développement durable. Les dommages d’ours ayant été constatés (ce qui exclut les bêtes disparues) font l’objet d’une compensation. Si la responsabilité de l’ours est reconnue, ou au bénéfice du doute après avis de la commission en charge de la compensation des dommages d’ours, le bien endommagé est compensé à hauteur d’un prix défini par un barème. Ce barème est fondé sur les prix moyens du marché, réactualisé chaque année après avis des commissions, et publié par décision du préfet coordonnateur de massif. Les effets indirects du dommage d’ours sont pris en compte par le versement au berger d’une prime de dérangement de 115 destinée à compenser le surcroît de travail lié à la recherche des animaux, au rassemblement du troupeau le cas échéant, à la participation à l’expertise… Une indemnité de manque à gagner de 10 % du prix des bêtes victimes avec un minimum de 46 , équivalent au prix d’un agneau, est aussi versée pour compenser les pertes indirectes (avortement, stress du troupeau…). Un certain nombre de dommages n’est pas compensé, notamment les dommages qui ne peuvent être constatés (bêtes disparues). Les causes de disparition sont multiples et la responsabilité de l’ours toujours difficile à justifier, même si elle n’est pas exclue. Plutôt que de compenser des disparitions d’animaux, il apparaît plus juste à l’administration d’apporter aux éleveurs un soutien pour la réalisation de leur activité par le biais des mesures d’accompagnement du programme ours et des dispositifs financiers agricoles. Pour en savoir plus, vous pouvez télécharger le barème 2006 pour l’indemnisation des dommages occasionnés par l’ours sur le
massif pyrénéen.

La lutte pour la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées est le symbole de notre difficile compréhension que l’homme n’est pas seul sur cette planète et que tout être vivant a droit à sa place pour survivre. Voici une belle occasion de prouver que nous sommes des animaux pourvus d’humanité.

Pour aller plus loin, je vous conseille les 2 ouvrages suivants :

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7 réponses

25 07 2007
okamiren

Bonjour.

Quelques commentaires au passage, sur votre article au demeurant très intéressant.

Pour reprendre votre titre, non, le confor tde l’homme ne justifie pas tout, et il est bon de le rappeller de temps à autres. Mais c’est très réducteur que de résumer ainsi ce conflit.

Si je suis, comme vous et tant d’autres semble-t’il, favorable à la réintroduction/protection des espèces prédatrices endémiques, c’est votre approche très (trop ? ) chiffrée qui me dérange.

Nous sommes ici dans un contexte très passionnel, et ce genre d’arguments chiffrés ne peuvent/doivent servir que comme base de discussion, et non comme arguments décideurs. Seuls les sociopathes réagissent en excluant tout sentiment de leurs décisions.
De plus, encore faut-il que ces chiffres soient acceptés comme indiscutables (validité des sources !) par toutes les parties concernées … ce qui est loin d’être le cas. La statistique est une branche complexe, et la modélisation de l’ensemble des paramètres rarement le résultat.

N’oublions pas que les opposants ayant des raisons directes (éleveurs principalement) sont dans une logique économique, poussés d’une part par la nécéssité fort honorable de vivre correctement, et d’autre part par la compétition imposée par les modèles économiques actuels. Celà mène à des troupeaux importants, parfois plusieurs milliers de têtes par berger … ce qui se passe de commentaires.

Jusqu’ici de par le monde, il semble que le seul argument efficace contre une telle situation soit un modèle économique plus rentable et facile à mettre en place … et là, nous, défenseurs de la vie sauvage, sommes souvent en mauvaise posture .

En clair, si localement il se trouvaient des personnes ou des groupes tirant un bénéfice économique, direct ou indirect, de la présence de l’ours, la situation serait déjà différente.
Est-ce le cas ? Quelle réponse honnête apporter à la question “en quoi la présence de l’ours est elle utile à la vie de la région ? ”

Au delà de ces considérations, reste effectivement le confort, et les habitudes acquises par manque de prédateurs … Des troupeaux extensifs, gérés par un seul berger, laissés libres la nuit, avec un ou deux chiens de guide et pas de chien de garde, dans des zones souvent trop escarpées … et peut-être comme c’est le cas dans ma région, quelques individus se faisant appeller bergers et logeant la nuit au chaud à 40 Km de leur troupeau.

D’autre part, pour les nombreux professionnels faisant leur métier du mieux qu’on leur a appris, l’éducation et l’alimentation d’un chien guide sont chères et longues, comme le sont celles d’un chien de garde (Patou, Beauceron ou équivalents). Sans compter que pour les tailles de troupeaux concernées, plusieurs de ces chiens seraient nécessaires, ainsi que plusieurs personnes.

Ayant passé les premières années de ma vie parmis des éleveurs plutôt efficaces et novateurs, je n’ai jamais adhéré aux troupeaux extensifs. Cependant, équilibrer les comptes sur des tailles nettement plus réduites est un exercice de style délicat, qui oblige à la diversification et à pas mal de remises en question. En ce sens, il est plus aisé de demander le retrait de l’ours que de remettre en question l’organisation des éleveurs Pyrénéens.

Il reste un autre point, qui pour être intéressant n’en facilite pas plus la résolution de ce problème. Le comportement des troupeaux … Des siècles de sélection humaine ont produit, comme pour les bovins, des animaux d’une stupidité sans borne, véritables réservoirs à viande sur pattes.
J’aime à croire que l’exemple de Dan O’Brien aux US, réintroduisant le bison à la place des vaches, est un modèle intelligent de compréhension de l’ensemble des facteurs aux quels doit faire face un éleveur, incluant une capacité minimale de ses bêtes à faire face seules à un danger.
Cette considération appliquée à nos moutons, étant clair qu’une sélection vers des bêtes à l’instinct plus adapté ne se fera que sur plusieurs générations, dans l’attente on en revient toujours à une diminution de ratio bêtes/berger, et donc à des équilibres comptables délicats.

Les gens de la terre sont les plus à même de faire la garde et la présentation de leur région, pour peu qu’on leur en donne les moyens. Ils vivent sur place, la connaissent très bien, et l’aiment souvent passionément. Et comme tout humain attelé à sa tâche, ils manquent souvent de recul pour voir où l’activité les mène.
Là intervient l’assistance, la formation, et le financement. Et surtout, une vue, une gestion et un plan d’action beaucoup plus global que l’actuel; il s’agit plutôt d’oeuvrer à la mise en place d’un “parc naturel Pyrénéen”, où les éleveurs seraient les premiers intéressés par la diversité d’espèces incluant les prédateurs, car ceux-ci seraient un argument économique de plus dans leur plan comptable.

Respectueusement

25 07 2007
nicolasthierry

L’éducation et la sensibilisation des jeunes bergers est certes une étape incontounable si on veut espérer un jour une meilleure cohabitation entre l’homme et l’ours. Je suis entièrement d’accord avec l’idée que les chiffres ne doivent être utilisés que de façon ponctuelle dans ce genre de contexte très passionnel mais ceux-ci (et c’était le but de l’article) sont un outil efficace pour valider ou infirmer des arguments tels que la prédation des troupeaux ou la sécurité des hommes. Concernant la validité des données, celles-ci émanent du ministère de l’écologie. Peut-être que le gouvernement ment sur la question mais j’avoue n’avoir trouvé que cette source disponible… et pour tout vous dire même si le ministère à volontairement minimisé les prédations, il faudrait que celui-ci est occulté outrageusement des attaques ne serait-ce que pour arriver à 1% de bêtes tués !

“En quoi la présence de l’ours est elle utile à la vie de la région ? ” C’est une question que les pro-réintroduction ne mette pas assez en avant, car effectivement ce programme impulsé depuis 1996 a de réelles retombés économiques. Déjà plus de 100 professionnels ont signé avec Pays de l’Ours-ADET une charte de qualité reconnaissant en l’ours une image symbolique valorisante pour les Pyrénées Centrales et le développement de leur activité. Les emplois directement liés au programme de réintroduction de l’ours et des mesures d’accompagnement dans les Pyrénées Centrales concernent près de 100 personnes. Ces emplois ont été créés ou confortés au sein de l’Equipe Technique Ours et de la DIREN, des Groupements Pastoraux, de l’équipe des bergers itinérants, de Pays de l’Ours-ADET et de l’Association pour la Cohabitation Pastorale. Pour une région comme les Pyrénées Centrales à l’économie fragile, l’impact positif direct sur l’économie locale est indiscutable.
Le problème est avant tout culturel, les meilleures statistiques du monde et les données économiques les plus valorisantes pour les Pyrénées n’y changeront rien. L’acceptation sociale de ce programme ne se fera évidemment pas sans les gens de la terre, et comme vous le signifiez à juste raison tout ceci passera inéluctablement par l’assistance, la formation, et le financement.

30 07 2007
Revue de Blogs… « Ecolo-Info

[...] chez Nicolas on trouve un petit coup de pétard au sujet des anti-ours, et chez Zara, on découvre un article [...]

1 08 2007
Paul

je me souvient d’une fois ou l’on a crié aux loups ou aux ours, suite à des moutons trouvés dans une de nos vallées pyrénéenes… aprés analyse, il s’agissait de chiens errant…

certes l’ours n’est pas un animal domestique et ses “carresses” sont dangereuse, mais sa survie ne peut pas avoir lieux dans un zoo.

il y a de formidable bergers accompagnés de cabri et autres chiens qui permettent de garder et proteger les troupeaux.

je reste persuadé de la possibilité de cohabitations, et des avantages pour chacun.

15 09 2007
Tietie007

Cette polémique sur la réintroduction de l’Ours nous renvoie à nos rapports avec la Nature et à notre incapacité à cohabiter avec d’autres espèces, sauf, si elles sont domestiquées !

2 05 2008
Age

Ton article est vraiment intéressant, ton blog aussi d’ailleurs! Je suis tombé sur ton blog par hasard en cherchant des photos d’ours à mettre sur mon blog! Si cela te dit, passe visité mon blog!! Si tu veux bien, je peux ajouter à l’article avec les photos d’ours l’adresse de ton blog!

14 05 2008
geoffroi

l ours je dois faire un exposes

je dois faire un exposes de geoffroi martens consellie

prrend pas trop de photo ou l aura rien pour expliquer sauf si tu connais tous parceur mes des bel pnoto comme l ours et les monton cache

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