
Carla Del Ponte, née le 9 février 1947 à Lugano en Suisse, est une magistrate suisse originaire du Tessin. Elle est actuellement procureure au Tribunal international de La Haye dans la poursuite des auteurs présumés des violations les plus graves du droit humanitaire commises dans l’ex-Yougoslavie. Le 11 août 1999, Carla del Ponte est investie par le Conseil de sécurité des Nations Unies de la fonction de procureure des Tribunaux spéciaux pour l’Ex-Yougoslavie (TPIY) et pour le Rwanda (TPIR). En 2003, elle devra céder son poste de procureur du Tribunal Pénal International pour le Rwanda afin de pouvoir se concentrer uniquement sur le cas de l’Ex-Yougoslavie et suite à des pressions exercées par le gouvernement Rwandais.
Les années 80 furent le cadre de sa lutte contre la mafia
En 1981 ,elle est nommée juge d’instruction, fonction qu’elle exercera trois ans avant d’être nommée procureure du canton du Tessin à Lugano. Elle instruit en particulier des affaires de criminalité économique, de trafic international de drogue et de crime organisé. Elle acquiert dans ces matières une expertise considérable. Sa ténacité, sa pugnacité, son ardeur au travail, jointes à une parfaite maîtrise du droit, firent de cette magistrate une procureure redoutable et rapidement redoutée. Son activité contre le blanchiment de l’argent sale lui valut d’ailleurs le surnom de « Carlita la pesta ». Se rendant compte que la poursuite de cette délinquance impliquait une collaboration transfrontalière, elle développa parallèlement une intense activité en matière d’entraide judiciaire internationale. Dès 1985, elleest promue à la fonction de procureure du canton du Tessin. A ce titre, elle s’illustre à nouveau dans des affaires de criminalité économique, de trafic international de stupéfiants et de criminalité organisée. Elle affronte la mafia en recherchant les comptes secrets cachés dans les banques suisses. Cosa nostra (nom de l’organisation mafieuse sicilienne) la surnomme alors « La Puttana ». A la même époque, Carla del Ponte collabore avec le juge anti-mafia Giovanni Falcone et enquête sur la filière qui lie Cosa Nostra aux blanchisseurs d’argent suisses. En été 1988, elle rend visite au juge italien dans sa maison de vacances en Sicile. La police désamorce à temps 50 kilos d’explosifs cachés dans les fondations !

A partir des années 90 le combat dévient définitivement international
En 1994, Carla del Ponte est nommée procureure générale de la Suisse. En prenant son poste, elle se donne une priorité : mener la guerre au crime organisé et aux mafias de toutes origines qui trouveraient en Suisse un repaire complaisant. Elle se heurte à de sérieuses résistances, en particulier de la part du milieu bancaire. En 1998, elle gèle 150 millions déposés en Suisse par l’ex-président mexicain Salinas.
A ce stade de sa carrière, elle est la seule personnalité de la vie publique Suisse à être protégée 24 heures sur 24 par des gardes armés.
Le 11 août 1999, Carla del Ponte est investie par le Conseil de sécurité des Nations Unies de la fonction de procureure des Tribunaux spéciaux pour l’Ex-Yougoslavie (TPIY) et pour le Rwanda (TPIR). Dans sa nouvelle fonction, elle instruit et poursuit l’accusation contre les auteurs présumés de crime de guerre, de crime de génocide et de crime contre l’humanité. Vu sa ténacité et son opiniâtreté, elle gagne rapidement un nouveau surnom de la part de Milosevic et consorts : « La nouvelle Gestapo ». En 2003, elle devra céder son poste de procureur du Tribunal Pénal International pour le Rwanda afin de pouvoir se concentrer uniquement sur le cas de l’Ex-Yougoslavie (pour lequel elle est reconduite 4 ans). La perte du mandat Rwandais se justifie d’une part pour Kofi Annan, le secrétaire général de l’ONU à l’époque, par l’objectif d’accroître «l’efficacité des deux institutions» et d’autre part suite à des pressions exercées par le gouvernement Rwandais. Néamoins, elle aura quand même le temps d’ ouvrir des enquêtes non seulement contre les génocidaires hutus, mais aussi contre des responsables du régime de Kigali (en majorité tutsis) suspectés d’avoir commis des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité.
Retour sur d’autres affaires célèbres menées par Carla l’implacable
- Dans le cadre de l’affaire Mikhaïlov elle mena une procédure à l’encontre du russe Sergueï Mikhaïlov, dit “Mikhas” et soupçonné d’être un des parrains de la principale organisation criminelle d’ex-URSS, la Solntsevskaya. Il fut placé en détention préventive sur le soupçon d’avoir violé les lois suisses réprimant le blanchiment et l’appartenance à une organisation criminelle.
- Elle gela les comptes bancaires suisses de la “premier ministre” pakistanaise Benazir Bhutto soupçonnée de corruption et blanchiment d’argent.
- En janvier 2002, elle accusa le président serbe en fonction Vojislav Kostunica d’être complice du présumé criminel de guerre ex-président Slobodan Milošević et d’être responsable à l’époque du refus de son extradition.
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Elle a accusé le Vatican, de protéger le général Croate, ancien légionnaire francais et présumé criminel de guerre, Ante Gotovina, affirmant qu’il était caché dans un monastère croate. Il fut arrêté en Espagne en 2005. Le 12 octobre 2005, les franciscains de Croatie et de Bosnie exigèrent des excuses de la part du TPIY.
Un mandat qui devrait se terminer le 15 septembre 2007
La Suissesse a annoncé, jeudi 28 juin dernier , suite à une intervention devant le Conseil de l’Europe, qu’elle s’était “mise à la disposition des Nations unies”. Elle accepte une prolongation de son mandat qui devait initialement arriver à son terme le 15 septembre prochain. Le chef de la Commission d’enquête internationale pour le Liban, le magistrat belge Serge Brammertz, devrait, selon des sources diplomatiques, prendre en janvier 2008 la succession de Carla Del Ponte à la tête du parquet du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). Certains craignent “une absence de continuité” dans la stratégie conduite par le parquet, qui a notamment permis le transfèrement de 91 accusés depuis huit ans. L’arrivée d’un candidat qui “ne connaît ni les Balkans ni les rouages du tribunal” coïncide avec un moment crucial pour cette juridiction onusienne, sommée par New York de fermer ses portes en 2010.
Plusieurs Etats, dont la Russie, s’opposent à une prolongation du tribunal, dont le budget annuel s’élève à plus de 100 millions de dollars (près de 75 millions d’euros). A la demande du Conseil de sécurité, le tribunal étudie la possibilité d’élaborer des mécanismes permettant de juger des accusés au-delà de la date limite imposée par l’ONU. Mécanismes que le futur procureur devra mettre en œuvre.




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